Les gens me parle de la rue Moi j'y ai vécu et j'ai tout perdu Chaque jour que Dieu fait Je me lève avec pleins de regrets Et je porte cette trace Que même le temps ne pourra effacer J'ai fait souffrir ma mère Que Dieu me pardonne, elle a vieilli avant l'age C'est vrai j'ai fait de l'argent Mais à quel prix j'ai fait couler le sang La prison c'est la merde Et dehors c'est la mort Crois moi la rue ça a rien de glorieux mon frère L'an dernier j'ai même enterré mon petit frère Que Dieu nous pardonne et nous guide Tu as tout juste 15 ans, tu es dans une famille nombreuse Tu vois le daron bosser dur pour remplir le frigo Tu as grandi dans un quartier Pour toi c'est les mêmes saisons Tu ne vois que du béton des grands roulés des bédos Tu as rien à foutre de l'école pourtant pas plus con qu'un autre Collectionne les heures de colles au lieu de ramener des bonnes notes La daronne s'fait du souci Elle a déjà vu ton grand frère tomber pour des conneries Vendre des barrettes de shit Peur de voir le même schéma se reproduire Elle te fait la morale jour et nuit pour t'éviter le pire Mais toi tu as la tête dure, tu dis maman t'inquiètes pas J'ai intérêt de marcher droit, j'ai peur des roustes de Papa Tu traines avec tes amis d'enfance comme tes frangins Tu as de l'intérêt que pour le foot et les gros engins Tu fais la prière et tu as peur du bon Dieu Tu es un jeune sans histoire et tu as le respect des grands frères Mais les grands frères se font des sous et les sous ça rend fou Toi aussi il te faut du flouze pour t'acheter les dernières shoes Tu t'mets à faire des p'tis coups, des p'tis trucs de p'tit con Des arrachés de sac à des vieilles qui n'ont que 6 sous Des vieilles qui peuvent être ta mère, ça tu n'en as rien à braire Tu fumes ta première cigarette et bois ta première bière Tu as arrêter la prière, tu commences à faire le fier Tu te mets à tenir les blocs, le quartier devient ton fief 18 piges tu commences à avoir des pulsions Attiré par les gazelles et les gazelles te trouvent mignon Fashion, tu as la crête, gel sur la tête Tu travailles les pecs la famille, le fameux "bsahtek" Ton répertoire est plein de gadji des biens, des khemja Tu fais plus la différence entre les filles biens et les filles d'joie Manque de peau, tu tombes sur une fille qui a beaucoup de vice Au lit c'est l'extase te fait gouter aux premiers délices T'enchaines les délits, tu veux la mettre à l'aise ELLE Tu pars au charbon et comme Laouni tu tombais pour elle Premier séjour en prison, le père au parloir Tu en as des frissons, tu gamberges, tu en dors plus le soir T'enchaines les pétards, anesthésie mentale Tu ressors de cage comme un zombie Les yeux rouges et les doigts jaunis Retour à la case départ Retour à la casa Atmosphère électrique c'est la guerre comme à Gaza Tu respectes plus ton père, tu cries sur ta mère Sur ta sœur dehors ta dulcinée te fait la misère La daronne ne dort plus, elle a des ulcères Ce mal qu'elle intériorise se transforme même en cancer Premier choc tu la vois à l'hosto sous chimiothérapie Tu as de la peine et tu en veux à la vie Même sur son lit d'hôpital elle pense à toi Soucieuse de ton futur et de ce que tu adviendras Épreuves sur épreuves même ton père perd son boulot Plus de fric à la baraque et tu veux écouler des kilos de shit En équipe, ça s'organise en réseau Rencontre un gros caïd qui t'avancera du liquide Survet', sacoche Lacoste, et paire de requin Tu es qu'un petit poisson dans un milieu de requins Arme à la main tu fais le voyou Mais tu es que le tapin d'un gros voyou Tu as beaucoup de fric mais aussi beaucoup de jaloux Les premiers à baiser ta femme quand tu te fais écrouer Les mêmes qui déboulent en moto cagoulés pour te fumer C'est la loi du métier d'ailleurs dans une fusillade Tu perds ton meilleur ami et tu te mets à gamberger Tu penses à te retirer mais la fierté te retient Recherché tu pars en Espagne avec le butin Tu vis la vie de rêve, les belles villas à Marbella Tu te vides sur les belles signora de la Jonchera De temps en temps tu prends des nouvelles de ta famille Le grand frère s'est rangé et taffe, et ta mère en est ravie Il a même embrassé l'Islam et porte la Sunna Veut envoyer les parents à la Mecque et à Médina Dès que t'entends ça c'est le déclic ton cœur s'ouvre Marre de ce vice tu te rends compte que tu souffres Tu repars à Marseille les accueillir à leur retour Aéroport de Marignane, les anges sont de retour Les pèlerins sont vêtus de blanc, visages illuminés Ta mère te sert dans ses bras, tu ressens de la piété Tu as des frissons dans le corps, tu as des regrets dans le cœur Tu demandes pardon à ton père et tu embrasses ta petite sœur Tu regardes ton frangin tu dis "qu'est-ce qu'il a changé, c'est devenu un mec bien" Tu as envie de lui ressembler, stopper cette vie malsaine, tu fais le bilan La cavale ça coute cher et tu as claqué tout ton argent Toutes ces années de charbon, de risques, de pression Est-ce que ça valait le coup donc tu te remets en question Tu as envie de changer, tu décides de te ranger Mais des mecs avec qui tu as eu des litiges veulent se venger Mais le temps passe les gens te voient plus de la même façon Les rancunes s'effacent, Dieu guide qui il veut de toute façon Et ouais l'Algé tu as raison mon frère Y'a toujours une issue Moi j'ai fait de la prison J'ai pas supporté j'ai pété les plombs 12 ans d'hôpital psychiatrique Pour avoir été mal compris Mais hamdoullah aujourd'hui je m'y remets petit à petit Tant qu'y a de la vie y' a de l'espoir Et tant qui y' a de l'espoir Il y est toujours possible de sortir de ce trou noir PEACE